Luis Silva

Devenir clown s’est révélé comme un besoin, une évidence.
L’envie de devenir visible au-delà des mots.

Chaque jour je découvre que le travail de clown permet non seulement d’acquérir tous les « outils » du jeu burlesque, le rythme, le jeu masqué mais aussi d’ouvrir des portes vers l’humain. Connecter l’acteur à ses émotions authentiques, à ses vulnérabilités mais aussi à ses ressources d’être humain pour qu’il puisse toucher le cœur du public.

Pendant les trente dernières années de ma vie, j’ai évolué dans le monde du spectacle en tant que mime, clown et comédien. J’ai participé à de nombreuses créations et tournées en Suisse et à l’étranger et j’ai mis sur pied différents ateliers de jeu théâtral et de clown. J’ai ensuite commencé à enseigner le théâtre et le clown et c’est là que j’ai rencontré ma passion.

Je suis né en Colombie, j’y ai fait une Ecole de théâtre ou j’ai découvert le mime. J’ai parcouru l’Amérique Latine en créant des spectacles de théâtre sans parole dès l’âge de 18 ans. Je sentais le clown toujours très proche de mon travail. Arrivé en Suisse, j’ai commencé à chercher celui qui devait se cacher en moi. J’ai pu approfondir cette recherche à l’école Serge Martin. Ce fut une révélation: le clown pouvait évoluer dans n’importe quel cadre et sa naïveté permettait une liberté inattendue. Je me suis senti profondément clown ou, en tout cas, une furieuse envie de le devenir... J’ai pu approfondir cette recherche avec des maitres de l’art du clown: Michel Dallaire, Alain Gautré, Pina Blankevoort, Ami hatab, lory lesching , Tayeb Hassini, Gabriel Shamé et surtout dernièrement Rosine Rochette.

Luis a fait partie de la compagnie de clowns de l’Association Hôpiclowns qui travaille à l’hôpital de Genève, a créé la Compagnie de clowns Sourires pour tous et l’ école Corps&masque. Aujourd'hui avec Susanne il travaille au sein de Clown Up en conciliant le monde du théâtre et celui de la psychothérapie et de la résilience..

Luis le clown

Un jour dans un de stage que je suivais avec le Maitre clown Michel Dallaire, j'ai osé lui demander: Michel, Pourquoi il y a des clowns ?
et il m'a repondu: Parce qu’il y a des humains, le clown est l’art d’humanité, le clown est celui qui fait vider le trop plein, il a toujours un regard sur la société, il a un regard humain qui ne vient pas de l’intellect, qui ne vient pas de l’analyse, qui vient simplement de comment fonctionne l’humain émotionnellement. Le clown est une sorte de garde fou, on a tendance à mettre cela en dernier alors que cela est en premier. Tant qu'il y aura de la vie, il y aura des clowns.

Tant qu'il y aura de la vie, il y aura des clowns, ça me plaît et c'est peut-être pour cela que j'enseigne le clown. Je me remets en question continuellement, je pars suivre des stages, voir des spectacles, et quand je joue les miens, je me nourri des rencontres. J'essaie de rendre mon travail plus clair.

Je pense aussi que le clown est porteur d'une force, il est capable de donner du bonheur, et si le clown en donne, le comédien s'enrichit. S' il n'y avait pas de bonheur sur scène il n’y en aurait pas dans le public. Avant tout, le clown est au service du public, notre rôle, celui des clowns, est de donner du bonheur au public. C’est notre rôle social, il ne faut pas oublier ceci, on est là pour donner du bonheur aux gens. On est là pour se mettre au service du clown, de la poésie, parce que le clown en vaut la peine.

Les clowns

Sont naïfs mais il leur arrive d’être pertinents dans leur combat de tous les jours.

Les clowns

sont les nouveaux conteurs des temps modernes, Ils ne sont pas là pour se moquer, mais pour rire d’eux-mêmes.

Les clowns

Racontent leurs rêves, leurs espoirs et trouvent toujours des solutions dérisoires.